ChatGPT, Claude, Muse : quelle IA collecte le plus de données personnelles ?

Avec 31 types de données sur 35, Muse, l’agent IA de Meta, est l’un des plus gourmands en termes de données collectées, selon le dernier classement de Surfshark.

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Pas encore disponible en Europe, Muse explose les compteurs en termes de collecte de données. © Surfshark

Meta occupe les deux premières places du classement des applications d’IA les plus gourmandes en données personnelles, établi par Surfshark. Six mois après la précédente édition, l’éditeur de VPN publie une mise à jour de son étude, qui passe en revue 13 applications. Muse, l’agent IA lancé par Meta début septembre aux États-Unis, y fait son entrée juste derrière Meta AI.

Meta AI et Muse, les deux applications les plus gourmandes

Muse, un agent qui réclame l’accès à d’autres services

Avec 31 types de données collectés sur les 35 que recense l’App Store, Muse n’est devancé que par Meta AI, qui en déclare 33, soit près de 95 % du total. Seuls deux types séparent Muse de son aîné, les « autres données » et l’analyse de l’environnement.

Surfshark avance une explication liée à la nature même des agents. Pour mener des tâches à la place de l’utilisateur, comme le prévoit Muse, ils doivent se connecter à d’autres applications et services, comme l’agenda, la messagerie ou les outils financiers, ce qui les rend potentiellement plus intrusifs, selon l’éditeur. L’étude relève aussi que Meta utilise par défaut les échanges avec Muse pour entraîner ses modèles. Seule une désactivation manuelle dans les réglages permet de s’y opposer.

De 3 à 33 types de données selon l’application

Muse compris, les 13 applications IA étudiées collectent en moyenne 14,5 types de données, avec de forts écarts. Pi ferme la marche avec 3 types seulement (l’identifiant de l’utilisateur, les interactions avec le produit et les données de plantage), soit onze fois moins que Meta AI. Le classement complet s’établit ainsi :

  1. Meta AI : 33 types
  2. Muse : 31 types
  3. Google Gemini : 24 types
  4. ChatGPT : 17 types
  5. DeepSeek : 14 types
  6. Poe : 13 types
  7. Claude : 13 types
  8. Copilot : 12 types
  9. Perplexity : 10 types
  10. Grok : 7 types
  11. Vibe, de Mistral AI : 6 types
  12. Duck.ai : 6 types
  13. Pi : 3 types

Depuis mars, le classement a peu bougé : Gemini et DeepSeek gagnent chacun un type, l’audio, pour atteindre 24 et 14. ChatGPT reste à 17, un niveau déjà relevé au printemps, en hausse de 70 % par rapport aux 10 types de données collectées de l’édition 2025. Meta AI et Claude conservent leurs scores.

Un décompte qui ne dit pas tout de l’exposition des utilisateurs

Ces chiffres reposent sur les fiches que les développeurs remplissent eux-mêmes sur l’App Store et ne concernent que les versions iOS. Ils additionnent des types de données sans tenir compte de leur sensibilité ni de leur usage, deux critères qui modifient la hiérarchie.

Localisation précise et données sensibles

Huit applications sur treize collectent la localisation de leurs utilisateurs et seules quatre d’entre elles récupèrent une position précise, à savoir Gemini, Meta AI, Muse et Perplexity. Avec 10 types de données collectées, ce dernier se situe dans la seconde moitié du classement, mais il rejoint les applications les plus gourmandes sur ce critère. Copilot a fait le chemin inverse et se contente désormais d’une localisation approximative.

Les informations sensibles, au sens d’Apple, ne sont collectées que par Meta AI, Muse et Gemini. Cette catégorie recouvre notamment l’origine ethnique, l’orientation sexuelle, la grossesse, le handicap, les opinions politiques, les convictions religieuses ou encore les données génétiques et biométriques.

Ce que les applications font des données collectées

Copilot est la seule application du panel à déclarer des données utilisées pour le pistage. Apple désigne ainsi le croisement des données recueillies par une application avec celles de tiers, le plus souvent à des fins de publicité ciblée ou de partage avec des courtiers en données. Duck.ai présente le profil inverse : ses six types de données, issus pour l’essentiel des diagnostics et des statistiques d’usage, ne sont jamais rattachés à l’identité de l’utilisateur.

Pour une même donnée, l’usage qui est fait de la collecte n’est pas forcément le même. ChatGPT et DeepSeek indiquent n’utiliser l’audio que pour le fonctionnement du service, quand Gemini, Meta AI et Muse se réservent d’autres usages, comme la personnalisation du produit ou l’analyse.

Muse, un agent encore absent d’Europe

Muse n’a pas encore été déployé en Europe, mais Meta étoffe déjà son offre outre-Atlantique avec Muse for Small Business, une déclinaison destinée aux TPE et aux PME, lancée le 29 septembre aux États-Unis et au Canada. Le même jour, OpenAI a dévoilé les dots, des agents conçus pour travailler en continu et connectés à plus de 4 000 applications, similaires à ce que peut proposer Muse.

Tous les services tiers ne s’ouvrent pas à ces nouveaux intermédiaires, Amazon ayant par exemple bloqué l’accès de Muse à sa boutique en ligne, en invoquant ses conditions d’utilisation. Le succès de l’agent n’en a pas souffert pour l’instant, l’application a dépassé les 3 millions de téléchargements en trois semaines et a pris à ChatGPT la tête des applications gratuites de l’App Store américain.

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